Stéphane, Bastia

September 16, 2016

 

Stéphane a le physique et le style d'un coach de basket américain à l’entraînement, souvent en short de sport large avec un t-shirt large et des chaussures larges, le cheveu argenté, des tatouages sur chaque bras, le sourire délicieusement moqueur et il travaille même dans un lycée. Mais les américains n'ont jamais eu l'accent du Sud de la France. Et en même temps, je ne connais pas les américains du Sud de l'Amérique alors qu'est-ce que j'en sais ? Et puis Stéphane préfère le foot.

 

Stéphane, c'est le footeux qui habite une grande ville, Bastia pour être précis mais qui au lieu de te donner son adresse par SMS préfère jouer la voix du GPS pendant vingt minutes (alors que tu en as un vrai dans la voiture), « parce que c'est plus simple comme ça ». Qui plus est, Stéphane, c'est le Bastiais qui habite juste en face de Furiani, le fameux stade du Sporting Club, qui est viscéralement fan de football mais qui n'y a jamais mis les pieds. Ok, bon, une fois en dix ans.

 

En parlant de ballon rond, Stéphane, c'est d'ailleurs le supporter (l'un des quatre en réalité) qui a réussi l'Opération Ménica, c'est à dire la réintroduction du fameux hymne de la ville « Nissa La Bella » dans le stade du Ray (« LE Stade de Nice, pas le nouveau sans âme et sans parking ») en 2004, et il en est particulièrement fier, surtout quand il a eu l'occasion de venir le chanter la première fois sur le rond central à Nice ou quand il a été repris au Stade de France lors de la finale de la coupe de la Ligue en 2006. Au passage, il aime raconter l'anecdote selon laquelle la durée de la nouvelle version du chant est calquée sur celle du légendaire « You'll never walk alone » des supporters de Liverpool et Dortmund ou alors cette autre anecdote du jour où il est allé récupérer une pierre, celle sous « son siège attitré », du stade du Ray avant sa destruction. Pour en finir avec le foot, Stéphane, c'est c'est quand même ce Niçois-Bastiais, connu pour avoir été ultra de l'OGC Nice qui a trouvé le moyen dans sa jeunesse de se faire embaucher chez le voisin et rival absolu: l'AS Monaco pour bosser dans le stade le plus froid de France, le Stade Louis II. L'appel de l'argent.

 

Stéphane, c'est ce Niçois Bastiais qui travaillait à Monaco et qui a eu l'opportunité d'un job dans la finance, de gagner encore plus d'argent tout en travaillant... encore plus. Stéphane c'est ce gros bosseur qui ne fait plus rien aujourd'hui s'il n'a pas vraiment envie de le faire. Il en a eu assez un jour, a fui la Côte d'Azur pour la Corse. On l'a trop obligé, trop contraint, il a essayé de faire des choses pour satisfaire les autres, mais il n'est que plus heureux aujourd'hui.

 

Stéphane, c'est le mec qui a l'air moins sérieux que ses deux enfants en soirée, car il en fait régulièrement, mais qui du coup a très bien compris que les adolescents ne veulent jamais ressembler à leurs parents. S'ils veulent fumer ? Qu'ils demandent à leur père et il leur fera essayer, mais qu'ils ne le fassent pas dans son dos avec des produits douteux. Résultat : ils semblent doux comme des agneaux, réussissent très bien à l’école et s'ils font des bêtises comme tout jeune, rien de vraiment très grave.

 

Stéphane est ceci dit le genre de gars que tout humain aimerait avoir dans son carnet d'amis. Et je ne dis pas ça parce qu'il fait dans sa cafette en compagnie de sa femme, sans objectivité aucune, les meilleurs cookies de la planète et que ça donne très envie de retourner au lycée pour ça (non je ne touche pas de pourcentage sur les ventes). On peut jouer au con pendant 23h59 avec lui, et il est très doué à ce jeu (preuve à l'appui, contactez-moi par mail), mais à la minute où l'on souhaitera être sérieux sur un sujet important, on pourra compter sur lui. La fidélité fait parti de ses totems alors ne parlons même pas du respect...

 

Stéphane est un homme heureux, il n'y a pas le moindre doute à son sujet quand on passe un moment avec lui et il aime transmettre son bonheur autour de lui. Stéphane, c'est l'amitié et l'hédonisme. Le plaisir de la vie et celui du partage.

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